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Conférence de Mgr Jean-Pierre DELVILLE
« La Fête-Dieu, sacrement du corps et du sang du Christ, fruits de l’Arbre de Vie »

Vendredi 1 juin, 20h00
Chapelle du sanctuaire de sainte-Julienne de Cornillon
Rue de Robermont 2, 4020 Liège

Le saint-Sacrement est le corps et le sang de Jésus. Autant évoque-t’on souvent Jésus pain de vie, présence réelle, et pratique-t’on l’adoration eucharistique, autant le vin consacré est plus discret et circonscris aux autels eucharistiques. Voyage dans les vignes du Seigneur.

Introduction par Romain Bevillard, vigneron professionnel

« Je suis la vraie vigne, et mon père est le vigneron ». Par ces propos, le Christ a défini l’assimilation quasi nuptiale entre Lui et la vigne, entre son sang et le vin. (c) http://www.jbnoe.fr/La-vigne-et-la-Bible

Conférence par Mgr Jean-Pierre DELVILLE

Evêque de Liège depuis 2013, Jean-Pierre Delville est docteur en théologie biblique et fut professeur d’histoire du Christianisme à l’UCL. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Delville

Vicaire à saint-Martin (Liège), il est devenu un des experts de sainte Julienne de Cornillon dont il a traduit la « vita » du latin en français. Cheville ouvrière des 750 ans de la Fête-Dieu à saint-Martin en 1996, il rédige la même année une thèse de théologie biblique qu’il défend avec succès à l’UCL, sous le titre Lectures et interprétations de la parabole des ouvriers à la vigne (Mt 20:1-16) au seizième siècle et devient docteur en philosophie et lettres.

« L’arbre de vie » est le titre de la lettre pastorale rédigée suite aux visites des Unités Paroissiales du diocèse de Liège et publiée pour le carême 2018.
« L’arbre de vie » est également un des thèmes majeurs de la Bulle  » Transiturus de hoc mundo  » signée le 11 août 1264 par le pape liégeois Urbain IV qui institue la fête du saint-Sacrement.
Lors de la conférence, Mgr Delville développera le thème de l’arbre de vie, source de la Fête-Dieu.

Lettre pastorale. « Comment présenter brièvement l’expérience de ces visites ? Peut-être en l’éclairant par la Parole de Dieu ? C’est alors que j’ai découvert, dans le Trésor de la collégiale Notre-Dame de Huy, un superbe médaillon en cuivre et en émaux colorés, datable de 1160. Il représente un arbre fruitier poussant au bord d’une rivière bleue; l’arbre est présenté par deux anges et porte des pommes mûres.
Le médaillon comprend deux inscriptions bibliques. »

Au centre, on voit une phrase de l’Apocalypse: «Qui vicerit dabo illi edere de ligno vitae», qu’on peut traduire ainsi : «Au vainqueur, je donnerai à manger de l’arbre de la vie» (Ap 2,7). Sous l’arbre, apparaît la légende: Lignum vitae, c’est-à-dire «L’arbre de la vie» ou «Le bois de la vie». Dans l’Apocalypse, la phrase reprise sur le médaillon est prononcée par Jésus lui-même, qui parle à l’apôtre Jean. Le début du verset est: «Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises». Donc il nous est adressé à nous aussi aujourd’hui,
par l’Esprit Saint. Sur le pourtour du médaillon, on peut lire: «Universae viae Domini misericordia
et veritas», c’est-à-dire: «Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité» (Ps 24,10).

Accès à la lettre pastorale: https://www.evechedeliege.be/wp-content/uploads/2018/02/lettre-pastorale-de-careme-2018_diocese-de-liege.pdf

Bulle signée par Urbain IV non pas pour la Fête-Dieu mais pour l’abbé de Molesme

Bulle du pape Urbain IV (11 août 1264)

« La commémoration sacramentelle de Jésus-Christ, en laquelle il est présent et demeure avec nous en sa propre substance, quoique sous une espèce et une forme étrangères, rend sa présence réelle et véritable; et il en assura lui-même ses Apôtres et ceux qui les suivaient, un peu avant de monter au ciel, leur disant : « Soyez certains que je serai toujours avec vous jusqu’à la fin du monde » [Mt 28,20] ; ce qui était leur promettre qu’il ne les priverait pas même de sa présence corporelle. Ô très digne mémoire, et qui ne doit jamais être interrompue, dans laquelle nous célébrons la mort de notre propre mort, et la destruction de notre propre destruction, et comment celui qui est véritablement l’arbre de vie, étant attaché sur l’arbre de la croix, nous a fait germer le fruit du salut ! (…)

Au reste, il s’est fait notre aliment afin que l’homme, qui en mangeant s’était précipité dans la mort, en mangeant aussi fût rétabli dans la vie. C’est le fruit mortel de l’ancien arbre qui l’avait fait tomber, c’est au contraire le fruit nouveau de vie qui l’a relevé. A ce premier arbre pendait le morceau de la mort ; de ce second est sorti l’aliment de la vie. Celui qui a goûté du premier en a été blessé, celui qui a goûté du second en a été guéri. Le manger a fermé la plaie que le manger avait ouverte. Ne voyez-vous pas que l’on a tiré le remède d’où le mal avait pris naissance ? En effet, il est écrit de cet ancien aliment : « Le jour même que vous en mangerez, vous mourrez de mort » [Gn 2,17]; mais nous lisons au contraire de nouveau : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » [Jn 6,52]. C’est cette viande qui rassasie, qui nourrit et qui engraisse d’une manière très parfaite, non pas le corps, mais l’âme; non pas la chair, mais le cœur ; non pas le ventre, mais l’esprit. »