Origine de la Fête-Dieu

La Fête-Dieu se place dans le double cadre des premiers siècles de la Principauté de Liège et du foisonnement spirituel et théologique des XII et XIIIèmes siècles.

La principauté de Liège

Le diocèse de Liège, ainsi que la région autour d’Aix-la-Chapelle (Aachen, Köln, …) est une région riche en spiritualité, elle a notamment donné à l’Église universelle la fête de la Trinité. La ville de Liège était très connue pour ses écoles théologiques, et donc aussi liturgiques et artistiques, ce qui lui vaut ses très nombreux monastères et églises encore visibles aujourd’hui.

C’est donc une ville riche, qui a déjà un certain orgueil : le 13 octobre 1213 à eu lieu sa victoire à la bataille de Steppe contre les brabançons soutenus par les français. Cette bataille donna à la principauté une indépendance vis-à-vis l’empereur Frédérique II. Le dernier jour de l’octave de Saint-Lambert, elle a sa fête nationale en souvenir cet événement marquant. Liège fêtera ce jour jusqu’à la révolution française…

Le concile de Latran IV et les 7 sacrements

Sur le plan proprement ecclésial et théologique, en 1215, le concile de Latran IV acte la définition des sept sacrements. C’est ainsi qu’est promulgué le dogme de la présence réelle et perpétuelle du Christ dans le pain et le vin consacré (la transsubstantiation) en réaction à des hérésies. Bien que cette foi remonte aux apôtres, on remarque une hausse de la dévotion eucharistique sous différentes formes (parfois appelée oraison) autour de cette époque. C’est particulièrement vrai dans nos régions et la moitié nord de la France actuelle.

L’institution de la Fête Dieu

Sainte Julienne du Mont Cornillon (1192 Retinne – 1258 Fosses-la-Ville) est une sainte, mystique eucharistique, mais surtout une femme active. Elle était la responsable d’une léproserie, comme Mère Teresa de Calcutta. C’est à travers une expérience spirituelle forte et constante qu’elle comprit qu’elle devait travailler à l’instauration d’une grande fête solennelle en l’honneur du Saint Sacrement.

La “Fête du Sacrement”, tel qu’on l’a appelé à l’époque, a été instituée pour la première fois à Liège en 1246 par l’évêque Robert de Thourotte, et ce n’est qu’en 1252, à la collégiale Saint-Martin sur le Publémont, qu’elle a été célébrée par le légat du pape Hugues de saint-Cher (op.). Il a fallu attendre encore plusieurs années avant qu’elle ne devienne une fête universelle, en 1264, grâce la bulle pontificale du premier pape liégeois (d’origine française) Urbain IV.