Sainte Julienne du Mont-Cornillon

La seule source sur la vie de Sainte Julienne est une Vitae rédigée peut après sa mort, probablement par le prêtre Jean qui l’avait bien connu et qui était plus jeune.

Une biographie complète se trouve à cette page.

Origines et formation de Sainte Julienne

Julienne, aujourd’hui connue comme Sainte Julienne du Mont-Cornillon, ou encore Sainte Julienne de Liège dans d’autres pays, est née dans les dernières années du XIIe siècle, vers 1192, à Retinne, près de Fléron.

Ses parents étaient des cultivateurs aisés du village de Retinne. Orpheline à l’âge de cinq ans, avec sa sœur Agnès, d’un an son aînée, elle est confiée aux religieuses (laïques célibataires) du Mont-Cornillon, et tout particulièrement à la garde quasi maternelle de l’une d’entre elles : Sœur Sapience.

La communauté possédait une grande propriété dénommée « La Boverie » dont l’exploitation assurait une part de la subsistance : c’est dans cette propriété, que dirigeait sœur Sapience, que la jeune Julienne et sa sœur Agnès furent reçues et élevées.

Ce fut d’ailleurs une éducation de qualité, même si elles participaient également aux travaux de la ferme : Julienne apprit le latin et lisait couramment les Pères de l’Église, spécialement les œuvres de Saint Augustin et les sermons de Saint Bernard, particulièrement ceux commentant le Cantique des cantiques dont ses biographes assurent qu’elle en connaissait un bon nombre par cœur. Liège était très réputé par son rayonnement théologie, philosophique, artistique et liturgique ! Julienne était doublement à bonne école : à Liège et, déjà, grâce à sa grande dévotion eucharistique.

La léproserie

La communauté du Mont-Cornillon existait antérieurement à 1176, date de la première trace écrite à son sujet que nous avons. Cette trace demande à la léproserie de se donner une structure et un début de règle de vie. Ses membres non-malades étaient des pieux laïcs qui s’engageaient pour un temps, parfois pour toute leur vie. La léproserie a été fondée par la bourgeoisie communale, d’où la double dépendance de la communauté.

La léproserie dépendait en bonne partie de l’administration communale pour le temporel, et de l’autorité du Prince-évêque pour le spirituel, ce qui induira des conflits par la suite. L’administration voulant mettre la main sur les terres de la communauté et imposer un supérieur (inique). C’est à cause de ce conflit que la communauté de soignants se décida, sous le prieura de Sainte Julienne, de se mettre sous la règle de Saint Augustin et donc sous l’autorité de l’évêque, alors que précédemment, ils n’étaient que de pieux civils engagés, soutenu par les dons de bourgeois.

Ces quatre communautés (hommes et femmes, malades ou sains) étaient sous l’autorité d’un prêtre et d’une prieure élus parmi les membres sains ; tous – sains et malades – étaient engagés au célibat, à la communauté des biens et à une vie de prière. Le nombre des religieuses était, semble-t-il, inférieur à dix.

Consécration et visions

A l’inverse de sa sœur, à 14 ans, elle décida de consacrer sa vie entière à la léproserie. C’est à partir de ce moment là qu’elle reçu ses premières visions. Une revint à plusieurs reprises, dans laquelle elle vit « la lune en sa splendeur, avec quelque fracture ou défect en sa rondeur corporelle », autrement décrit : « une lune échancrée, c’est-à-dire rayonnante de lumière, mais incomplète, une bande noire la divisant en deux parties égales ». Elle resta longtemps sans comprendre la signification de cette vision, et sans en parler à personne.

Pendant des années, cette vision la tourmenta dans ses temps d’oraison. Lorsqu’elle en parla avec sa supérieure, sœur Sapience qui la connaissait l’encourageait à ignorer autant que possible cette vision. Durant deux années, sœur Sapience, ainsi que d’autres personnes dans la confidence, se mirent à prier Dieu de la libérer ou de donner l’interprétation de cette vision. Le Christ lui-même la lui donna :

A l’âge de seize ans, elle eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Église sur terre, la ligne opaque représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.

 

Benoit XVI, Audience générale, le 17 novembre  2010

Julienne, par humilité et par crainte, n’accepta pas tout de suite sa mission. Mais elle se mis finalement à l’œuvre pour l’établissement de cette fête. La première personne à qui elle osa parler de son projet fut la Bienheureuse Ève de Liège, recluse au Mont Saint-Martin. Par la suite, elle se confia également à des nombreux théologiens qui vivaient à Liège, dont des dominicains et un certain Jacques Pantaléon, archidiacre de la cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert de Liège, avant de devenir celui que l’on appellera le pape Urbain IV, ami de Saint Thomas d’Aquin, qui sera proclamé docteur de l’Église.