Conférence de Mgr Jean-Pierre DELVILLE

« Sainte Julienne de Cornillon, messagère de la Fête-Dieu, signe du temps présent »

Conférence sur le sens de la Fête-Dieu, la pensée et la personnalité de sainte Julienne.
Enregistrée sur le site du Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon.
Diffusée le vendredi 12 juin 2020.

Réécouter le podcast audio sur RCF

Conférence par Mgr Jean-Pierre DELVILLE

Evêque de Liège depuis 2013, Jean-Pierre Delville est docteur en théologie biblique et fut professeur d’histoire du Christianisme à l’UCL. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Delville

Vicaire à saint-Martin (Liège), il est devenu un des experts de sainte Julienne de Cornillon dont il a traduit la « vita » du latin en français. Cheville ouvrière des 750 ans de la Fête-Dieu à saint-Martin en 1996, il rédige la même année une thèse de théologie biblique qu’il défend avec succès à l’UCL, sous le titre Lectures et interprétations de la parabole des ouvriers à la vigne (Mt 20:1-16) au seizième siècle et devient docteur en philosophie et lettres.

Bulle signée par Urbain IV non pas pour la Fête-Dieu mais pour l’abbé de Molesme

Bulle du pape Urbain IV (11 août 1264)

« La commémoration sacramentelle de Jésus-Christ, en laquelle il est présent et demeure avec nous en sa propre substance, quoique sous une espèce et une forme étrangères, rend sa présence réelle et véritable; et il en assura lui-même ses Apôtres et ceux qui les suivaient, un peu avant de monter au ciel, leur disant : « Soyez certains que je serai toujours avec vous jusqu’à la fin du monde » [Mt 28,20] ; ce qui était leur promettre qu’il ne les priverait pas même de sa présence corporelle. Ô très digne mémoire, et qui ne doit jamais être interrompue, dans laquelle nous célébrons la mort de notre propre mort, et la destruction de notre propre destruction, et comment celui qui est véritablement l’arbre de vie, étant attaché sur l’arbre de la croix, nous a fait germer le fruit du salut ! (…)

Au reste, il s’est fait notre aliment afin que l’homme, qui en mangeant s’était précipité dans la mort, en mangeant aussi fût rétabli dans la vie. C’est le fruit mortel de l’ancien arbre qui l’avait fait tomber, c’est au contraire le fruit nouveau de vie qui l’a relevé. A ce premier arbre pendait le morceau de la mort ; de ce second est sorti l’aliment de la vie. Celui qui a goûté du premier en a été blessé, celui qui a goûté du second en a été guéri. Le manger a fermé la plaie que le manger avait ouverte. Ne voyez-vous pas que l’on a tiré le remède d’où le mal avait pris naissance ? En effet, il est écrit de cet ancien aliment : « Le jour même que vous en mangerez, vous mourrez de mort » [Gn 2,17]; mais nous lisons au contraire de nouveau : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » [Jn 6,52]. C’est cette viande qui rassasie, qui nourrit et qui engraisse d’une manière très parfaite, non pas le corps, mais l’âme; non pas la chair, mais le cœur ; non pas le ventre, mais l’esprit. »